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1211-2011, 800 ans d’histoire

LA CATHÉDRALE NOTRE-DAME DE REIMS
UNE REFERENCE UNIVERSELLE

La cathédrale Notre-Dame de Reims porte depuis 800 ans le renom de la région à travers le monde et continue à témoigner de l’histoire de France. Lieu du sacre des rois de France (vingt-neuf rois de France ont été couronnés à Reims entre 1027 et 1825), la cathédrale acquiert pour le monde contemporain un destin européen après la réconciliation franco-allemande officialisée sous ses voûtes par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer en juillet 1962. Notre-Dame de Reims est également incontournable sur le plan de l’histoire de l’art : fleuron de l’architecture gothique, la cathédrale, qualifiée de référence universelle, est inscrite sur la Liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis décembre 1991.

Avant le XIIIème siècle…

Le christianisme est introduit à Reims par saint Sixte au milieu du IIIème siècle. L’existence d’une cathédrale est, quant à elle, admise au siècle suivant. Mais au tournant du Vème siècle le siège de l’évêque est transféré à l’emplacement d’anciens thermes gallo-romains, là même où s’élève la cathédrale actuelle. La cathédrale du Vème siècle est restée dans l’histoire : sur le seuil, son évêque Nicaise est décapité lors d’invasions barbares et c’est dans son baptistère que se déroulera le baptême de Clovis. Une nouvelle cathédrale sera édifiée au IXème siècle qui, après bien des transformations, connaîtra un programme de reconstruction partielle aboutissant, au XIIème siècle, à un édifice ample et richement décoré. Celui-ci brûle dans l’incendie qui embrase tout le quartier, « l’année d’une éclipse de soleil », entre 1207 et 1210.

1211 – 2011, 800 ans d’Histoire…

Le chantier de construction d’une nouvelle cathédrale commence officiellement le 6 mai 1211. Aubry de Humbert, archevêque, met à contribution le talent des bâtisseurs de l’époque (qu’on qualifiera bien plus tard de « gothique »). Les avancées techniques sont mises au service des thèses des théologiens, dont celles de l’abbé Suger qui avait dirigé la reconstruction de la basilique de Saint-Denis, pour qui l’édifice doit être un écrin de lumière. L’édification des premières cathédrales gothiques à Sens, Noyon, Laon, Paris, Senlis, puis la « modernité » des édifices de Soissons et Chartres sont autant d’expériences dont Reims va bénéficier.

La construction de la cathédrale rémoise commence par le chevet (là où il y a l’autel), englobant l’ancienne cathédrale incendiée, démolie au fur et à mesure, et dont on pense conserver la façade pour laquelle on conçoit portails et statues jusqu’en 1252, date à laquelle on décide de détruire des maisons appartenant à des chanoines. Cet espace libéré permet un édifice plus long, doté d’une façade neuve. Le gros œuvre, c’est-à-dire le voûtement de la nef et l’érection de la façade jusqu’en haut de la Grande Rose se déroule sur 80 ans, jusqu’à la fin de XIIIème siècle et sous la direction de quatre architectes différents.

Le plan, en croix latine, est celui d’un édifice vaste, avec une longueur intérieure de 138 m et un chœur canonial, scène du sacre du roi de France qui empiète de trois travées sur la nef. Les collatéraux (bas-côtés) n’ont jamais été pourvus de chapelles latérales. Le transept est peu saillant. Le sanctuaire comporte un déambulatoire pourvu de cinq chapelles rayonnantes ; la chapelle axiale étant plus profonde.

Le voûtement sur croisées d’ogives de la nef culmine à 38 m et l’élévation intérieure, sur le modèle des cathédrales de Soissons et de Chartres, est à trois niveaux : grandes arcades dont l’ampleur correspond aux fenêtres des collatéraux, triforium (galerie de circulation) et fenêtres hautes. Le mur n’est plus porteur et le poids de la voûte est contrebuté à l’extérieur par les arcs-boutants dont les têtes superposées prennent appui sur des culées, ornées d’anges aux ailes déployées. Assurant parfaitement leur rôle technique, les arcs-boutants rémois sont de magnifiques éléments décoratifs symbolisant l’élégance de la cathédrale rémoise.

Grâce à cette ingéniosité, la cathédrale est un écrin de lumière : les fenêtres se succèdent, sur le modèle novateur de la fenêtre « châssis » occupée par deux lancettes surmontées d’une rose à six lobes, admirée et dès lors, copiée. Autre nouveauté et prouesse technique : les tympans des trois portails de la façade sont occupés par des roses.

Il convient d’imaginer la métamorphose de la lumière provoquée par les vitraux disparus : ceux des fenêtres basses sont cassés par les chanoines dans la seconde moitié du XVIIIème siècle pour éclairer les collatéraux et la nef. Plus de 3 000 m² de vitraux anéantis par la Première Guerre mondiale sont restaurés ou recréés par la famille Simon-Marq, maîtres-verriers à Reims depuis le XVIIème siècle. Marc Chagall (1974) ou Imi Knoebel juin 2011) honorent de leur talent trois chapelles rayonnantes.

Au Moyen-âge, la pierre, grâce à la sculpture, fait aussi partie du monde des images et une polychromie aussi éclatante que celle des vitraux en facilite la lecture . Une correspondance thématique est souvent établie, au même endroit de l’édifice, entre le vitrail à l’intérieur et la sculpture à l’extérieur. Avant 1918, plus de 2 300 sculptures figuratives avaient été dénombrées sans compter les éléments décoratifs naturalistes. Sculptures en haut relief du revers du portail ou statues hautes de plusieurs mètres de la façade sont autant de séquences narratives mettant en scène l’histoire Sainte et l’histoire de l’Eglise de Reims avec ses saints locaux. Le rôle de cathédrale royale (accueillant le sacre de vingt-cinq rois) est également mis à l’honneur.

Le message délivré par la façade résume l’ensemble du programme iconographique. Les portails sont particulièrement riches : les piédroits (de chaque côté des portes) sont occupés par des statues exécutées par plusieurs ateliers : des plus anciennes, avec la série encore statique des Prophètes au portail sud (à droite en regardant la façade) réalisées peut-être pour orner la façade de la cathédrale précédente, aux plus animées dont l’Ange au Sourire au portail nord (à gauche) est le représentant le plus célèbre, pour avoir eu la tête brisée pendant la Première Guerre mondiale et qui, après restauration, allait vite symboliser la ville renaissante après la guerre.

Incendiée le 19 septembre 1914 et bombardée durant quatre ans, la cathédrale est terriblement endommagée, tout comme la ville détruite à 85%. Les gâbles des portails (parties supérieures triangulaires) présentent, à gauche, la Crucifixion, jamais encore montrée dans une dimension aussi importante sur la façade d’un édifice religieux, à droite, le retour du Christ triomphant et, au centre, le couronnement de Marie, reine du ciel, avec, pour la première fois, le geste du Christ posant la couronne sur la tête de sa mère, comme un rappel fait au roi de France avant son propre sacre. Marie, à qui la cathédrale est dédiée, est à l’honneur dans les deux roses. Puis, on retrouve la fonction royale de l’édifice illustrée au-dessus de la grande rose : le roi David vainqueur du géant Goliath et la galerie des Rois où les rois de la Bible encadrent la figuration du baptême de Clovis. Cette galerie est mise en évidence (alors qu’elle est située sous la rose à Notre-Dame de Paris ou à Amiens) à la base des tours. Les tours ne furent jamais pourvues de flèches : le coût du remplacement de la charpente et de la toiture incendiées accidentellement en 1481 ne permet plus l’élévation des sept flèches prévues pour couronner l’édifice qui reçoit sur le faitage une ligne de fleurs de lys.

Lieu du sacre, monument d’exception, l’édifice s’élevait au sein du quartier cathédral dans un tissu urbain resserré : côté sud (à droite de la cathédrale ), la demeure de l’archevêque (Palais du Tau) et à l’opposé, le chapitre où vivent les chanoines, avec les maisons claustrales, les écoles, l’Hôtel-Dieu et les parties communes. Celles-ci étaient reliées directement à la cathédrale par une petite porte ornée d’une Vierge sur un trône, sur la gauche de l’édifice, au niveau du bras nord du transept (toujours visible) jouxtant deux autres portails (Jugement dernier, Saints locaux), lesquels présentent une qualité de sculpture remarquable. Ils avaient été conçus initialement pour la façade principale avant que celle-ci ne soit honorée d’un autre programme à l’occasion du changement d’un maître-d’œuvre plus ambitieux.

La cathédrale de Reims est admirable : elle atteste la maîtrise des techniques les plus innovatrices et rend compte de la culture médiévale dont la richesse de son iconographie donne le résumé. La cathédrale doit autant à ses restaurateurs qui ont su mettre inventivité et talent à son service : l’architecte en chef des Monuments historiques, Henri Deneux, étant le plus emblématique. C’est lui, qui après la Première Guerre mondiale, reconstruira le monument et le dotera d’une charpente en ciment armé. La page des destructions volontaires est tournée. En 1962, c’est sous ses voûtes que la réconciliation franco-allemande est officialisée. Cette messe à la cathédrale participe à la construction européenne. En 1991, en même temps que le Palais du Tau, mais aussi l’ancienne abbaye royale Saint-Remi et sa basilique pour leur rôle lors des sacres royaux, Notre-Dame de Reims est inscrite par l’Unesco sur la liste du patrimoine mondial : c’est devant l’humanité toute entière qu’elle témoigne du travail des bâtisseurs depuis 800 ans.

Voir le site du Ministère de la Culture

Voir le site de la Paroisse Notre Dame Saint Jacques de Reims

Voir le site de l’Unesco

Voir le site du Comité Départemental du Tourisme de la Marne

Voir le site de la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine

Voir le site de la Société des Amis de la Cathédrale de Reims