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Synopsis

IL ETAIT UNE FOIS….REVE DE COULEURS


La petite histoire d’une grande mise en lumière par Skertzò

Cette majesté, le beau geste du couronnement en son fronton, le bonheur de la beauté des visages du peuple de pierre, cette cathédrale, plus que nulle autre, exprime la grâce par l’harmonie de ses formes et de sa statuaire.

La façade occidentale est immense, son architecture étonnamment équilibrée, sa silhouette carrée et néanmoins élancée lui confère un caractère altier.

Tous ces caractères convergent pour justifier le rôle prédominant que jouera cet édifice pendant des siècles contribuant à construire le roman national. La cathédrale a survécu aux séismes des affrontements, des incendies, des guerres.
Huit cents ans que l’ange nous sourit ou peu s’en faut, huit cents ans que les rois dominent la ville.

Il y a huit cents ans, cette cathédrale était peinte, l’homme médiéval venait ici, lire le livre de pierres. Aujourd’hui, chaque soir, à la tombée de la nuit, ses histoires se livrent à l’homme contemporain. Le parvis est la grande salle d’un spectacle qui se déroule en plan vertical.

Utilisant les techniques traditionnelles du trompe l’œil adaptées aux nouvelles technologies, c’est un voyage dans le temps –Aller / Retour- qui est proposé au spectateur.

La nuit tombée, les éclairages urbains oubliés, on reste dans une pénombre légère. Alors, on entre dans un espace imaginaire où l’orbe de la lune semble épouser celui du soleil, creusant de sa lumière froide les reliefs de la façade, remplissant de brune les vêtements des statues, allongeant d’ombres immenses les figures des bas reliefs.

Cette utilisation architecturale et dynamique de la lumière propose une vision nouvelle de la cathédrale, douce et grimaçante, grandiloquente et mesurée, une cathédrale de dentelle et de lumière. Une lumière qui permet toutes les transformations.

Cathédrale célèbre et célébrée, elle fut dessinée, peinte et gravée à l’identique. Cathédrale de papier, on fera coïncider sa gravure. Lignes de taille sur ligne de pierres, correspondances parfaites. Noir. La façade disparaît soudain. Le crayon bleu de l’architecte en retrace le plan. Vertige de la géométrie, le fronton précède le mur, la fenêtre ouvre le vide, la tour s’échafaude seule sur le ciel…


Agitation.
Le ciseau sur la pierre résonne de toute part cernant sur le parvis le spectateur. Des cris s’échangent. Le choc de la pierre sur la pierre, les étincelles jaillissent du burin malmené par le maillet. Au pied de la cathédrale, un échafaudage de bois et de cordes se hisse. Ballets des corps des constructeurs s’élevant en même temps que les pierres se posent sur les pierres. Les sculptures réfugiées dans les portails, les voussures ou de part et d’autre de la grande rose, juchées au dessus de la galerie se vêtent de couleurs, couleurs fugitives...
Couleurs qui s’estompent, fondent dans la pierre… Passage du temps.

Renversement des échelles. Immense un visage se penche sur la foule. L’image de la cathédrale se brouille dans le croisillon des fils d’or des soies royales, dans les cils des velours bleus et cramoisis… La façade disparaît dans un enchevêtrement de trames abstraites.

Fracas des roues des carrosses qui envahissent le parvis de toute part. Le son spatialisé amplifie les visions de la façade. Trompettes. Images sonores. Cathédrale des sacres. Sous la scène du couronnement, de grands décors éphémères masquent les portails coutumiers, une foule immense afflue, cérémonie solennelle, un mortel va devenir roi.

Lumières… de couleurs.
La traversée de la lumière transcende les vitraux. Une vive lumière perce les murs de couleurs. L’assemblage des couleurs forme des scènes, des scènes qui sont l’histoire et les messages de la cathédrale. Cathédrale de lumière.


La cathédrale devient de verre, comme transparente. Comme une radiographie, bleutée, elle révèle une ossature, une construction vive, des lignes de forces, des parties sensibles.
Le bleu de la façade qui rayonnait comme un cyanotype, vire à la lumière qui agit comme un révélateur, de nouvelles couleurs apparaissent, inédites.

La lumière dynamique transforme une dernière fois la cathédrale. Irradiée de couleurs vives, posées en touches très précises sur les sculptures, visages, chevelures, robes et manteaux, sur les aplats et les nervures, cathédrale de couleurs qui pâlissent lentement révélant la pierre – à – nu.